Et puis, la machinerie s’arrête. La faim est une notion étrangère, il n’y a plus que des interrupteurs tournés vers des rangs d’ampoules éclatantes. Ce cap aveuglant au centre du corps est contourné, le reste est une dérive inerte où les sens passent en automatique. Des miasmes iridescents s’éparpillent de partout, comme la radioactivité après la bombe atomique : diffuse, inaltérable, elle enjambe toutes les frontières de l'être, contamine les lacs en se mirant sur leurs ondes polies - mirages sublimes, rêveries d'Hypo et de Glycémie. Le crépuscule est cette brume étourdissante, la Nuée, toute cinabre et chargée de poussière...
Le soir, la lumière lasse, elle est trop vive, elle traverse les paupières. On s’attelle à ce devoir usuel pour lequel le ventre semble rétif et chagrin : un dîner, une boisson, un dessert. Les étincelles sont absorbées par le cœur. La nourriture teinte, elle ombre les creux, farde les contours. C’est comme un pinceau d’encre très noir rincé dans une eau limpide. Un filament de ténèbres s'y détache, avant de prendre la pleine possession de sa vitreuse ondoyante.
Quand le clair/obscur envahit les entrailles, est-il possible de s'en défaire un jour ?
You’re staring me with your inside eyes
