Il y avait bien, au commencement, quelque chose d'enchanteur et de niaiseux dans l'acte d'écriture : les phrases enfilées les unes aux autres tissaient des chrysalides au bord de l'esprit, des Wonderland vaporeux où les lapins ont le pelage de neige et les iris roses comme des dragées de mariage, où les champignons dépassent la taille des filles et montrent leurs jupons dentelés sous leurs coques semées d’ambre et de vermeille.
Et puis, écrire est devenu « cette envie de pisser ». Les contractions vers le bas, les crampes, presque envie d’en pleurer, tellement ça pèse, là, au Sud du corps, comme un détroit dilaté d’eau sale. Les mots m’empêchent de dormir, brûlent dans mon épine dorsale, et me tiennent, comme corsetée d’aiguilles, leçon de droiture – stoïque, stoïque, stoïque – en spirale de braise et les yeux grands ouverts dans le noir.
The problem of leisure, what to do for pleasure.
dimanche 28 mars 2010
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